Monsieur le Président,

La force la plus puissante dans le monde d’aujourd’hui n’est ni le communisme ni le capitalisme, ni la bombe H, ni les missile tele-guidés, mais l’éternel désir de l’homme d’être libre et indépendant.

Le grand ennemi de cette force immense pour la liberté est appelé, faute d’un terme plus précis, Impérialisme – et aujourd’hui cela signifie l’impérialisme soviétique et, que cela nous plaise ou non, et s’ils ne doivent pas être assimilés, l’impérialisme occidental aussi.

Il y a beaucoup de guerres d’indépendance aujourd’hui contre l’impérialisme occidental dans le monde, qui exigent notre attention. Mais celle qui emerge au-dessus de tout le reste, est celle de l’Algérie.

Je parlerai cet après-midi de nos échecs et de notre avenir en Algérie et en Afrique du Nord

Monsieur le Président,

La guerre d’Algérie confronte et mets les États-Unis dans une impasse diplomatique, la plus importante depuis la crise en Indochine . Nous n’avons pas seulement échoué à répondre au problème sans détour et avec efficacite, nous avons même refusé de reconnaître que c’est notre problème aussi.

Aucune question ne pose un défi plus difficile à nos décideurs en politique étrangère – et aucune question n’a été plus cruellement négligée que celle de la question Algérienne.

Bien que je suis un peu réticent à entreprendre un examen public de cette affaire comme je l’avais espéré – quand j’ai commencé une étude approfondie du problème il y a 15 mois.

Je suis encore plus réticent à me montrer critique envers notre doyen et premier allié (La France), dont l’aide a notre propre guerre d’indépendance ne sera jamais oublié et dont le rôle dans le cadre des événements du monde a toujours été l’un de leadership et de coopération constructive.

Je ne veux pas que notre politique soit anti-française, pas plus que je veux que ce soit antinationaliste – et je suis convaincu qu’un nombre croissant de Français, dont nous saluons la patience et l’endurance, doivent comprendre que les points de vue exprimés dans ce discours sont, à long terme, et dans leur propre intérêt.

Les diplomates américains et français, il faut noter d’emblée, se sont joints à dire depuis plusieurs années que l’Algérie n’est pas un sujet approprié pour les débats de la politique étrangère américaine et qu’il est tout un sujet de préoccupation interne, français, un provincial soulèvement, une crise qui trouvera une réponse de manière satisfaisante au niveau local.

Mais quelle que soit la vérité originelle de ces clichés peut-être, les faits sur le terrain en Algerie aujourd’hui peinnent le nouveau visage du nationalisme africain, et les sous-produits de plus en plus larges de la crise , ont fait de l’Algérie un sujet du droit international, et par conséquent américain.

La guerre d’Algérie,dans laquelle sont engage plus de 400 000 soldats français, a dépouillé les forces continentales de l’OTAN à l’os.

Elle a estompé les espoirs occidentaux d’un marché commun européen, et gravement compromis les réformes de libéralisation de l’OECE, en forcant la France à imposer de nouvelles restrictions à l’importation en vertu d’une économie de guerre. Cette guerre qui ne dit son nom a maintes fois fait l’objet de discussions aux Nations Unies, où nos remarques équivoques et l’opposition à son examen ont endommagé notre leadership et de prestige dans ce corps.

Elle a miné nos relations avec la Tunisie et le Maroc, qui ont naturellement un sentiment de cause commune avec les objectifs des dirigeants algériens, et qui subissent de la part du d’un gouvernement français des représailles économiques pour leur aide au nationalisme algérien.

Elle a dilué l’efficacite de la doctrine Eisenhower pour le Moyen-Orient, et nos programmes d’aide étrangère et d’information. Elle a mis en péril la presence de certains de nos bases aériennes les plus stratégiques, et menacé nos avantages géographiques sur l’orbite communiste.

Elle a affecté notre réputation aux yeux du monde libre, notre leadership dans la lutte pour garder ce monde libre, notre prestige et notre sécurité, ainsi que notre leadership moral dans la lutte contre l’impérialisme soviétique dans les pays communistes.

Elle a fourni des munitions puissant pour la propagande anti-occidentale à travers l’Asie et le Moyen-Orient – et sera l’élément le plus gênant durant à la conférence Octobre à Accra des nations libres de l’Afrique, qui espèrent, en facilitant la transition vers l’indépendance d’autres colonies africaines , et la recherche des voies communes pour que ce grand continent reste aligne sur l’Occident.

Enfin, la guerre d’Algérie n’a cessé drainé la main-d’œuvre, les ressources, et l’esprit de l’un de nos alliés, le plus ancien et le plus important – une nation dont la force est absolument vital pour le monde libre, mais qui a été forcé par ce conflit épuisant de reporter de nouvelles réformes et de programme sociaux, à étouffer de nouveaux plans importants pour le développement économique et politique en Afrique occidentale française, le Sahara, et dans une Europe unie, faire face à un mouvement communiste national consolidé à un moment où le communisme est en retraite ailleurs dans Europe, pour étouffer un journalisme libre et critique, et de libérer la colère et les frustrations de ses habitants en perpétuelle instabilité gouvernementale et à une attaque brutale sur Suez.

Non, l’Algérie n’est plus un problème pour les Français seuls – et ne sera jamais…

Son examen a l’ONU est compréhensible, une discussion franche et complète d’une question si importante pour nos intérêts doit être évaluée sur les deux côtés de l’ alliance atlantique.

Il est urgent, de faire face aux problèmes réels auxquels nous sommes confrontés en Algérie – ces questions ne peuvent plus être évités à l’ONU ou à l’OTAN – des questions qui deviennent de plus en plus difficile de solutionner, dans une guerre acharnée apparemment sans fin.

Le gouvernement français, quelle que soit la personnalité de ses dirigeants, semble soudée aux mêmes formules rigides qui ont régi ses actions en Algérie depuis si longtemps, et le seul signe d’espoir est une préoccupation plus articulée pour un règlement parmi les penseurs indépendants en France.

En tout et pour tout je soutiens que la France, doit reconnaitre l’Algérie comme une entité indépendante.

Et a mon avis, la France doit mener des négociations avec les nationalistes sur cette base.