Ma présente  courte note  se veut pédagogique et originale, à la portée du citoyen lambda, veut apporter modeste contribution, éclairage et intelligibilité au débat sur l’Algérie. L’Algérie ne peut plus continuer comme çà.

« Nous n’avons aucune industrie d’armement, notre mission a toujours consisté à préférer et acheter de la ferraille à la Russie.»

Khaled Nezzar, allocution du 24 juillet 2012 à El Chourok TV.

L’Algérie gouvernée et cannibalisée par la Bourgeoisie compradore d’Etat.

Préambule

Même le plus illustre représentant de la bourgeoisie compradore d’Etat ,l’ex officier de l’armée française Khaled Nezzar, le reconnait, suite à des tirades verbales en cascade, de mea culpa, à la télé du journal ech chourouk, que l’industrialisation du pays ne faisait pas partie de leurs préoccupations et qu’ils lui préféraient la ferraille. Grave, très grave, dans un Etat patriotique et démocratique qui se respecte, cette atonie à l’industrialisation relève de la cour martiale.

A la mort de Houari Boumediene, la bourgeoisie compradore d’Etat liée à la France, a pris le pouvoir en Algérie, s’est attelée de façon assidue à détruire tout ce qui a été construit. A vaste échelle tous nos tissus vitaux, économiques, sociaux, politiques, agricoles, éducatifs, industriels seront touchés, défibrilisés et vidés de leur véritable contenu. Même notre dernier carré ne fut pas épargné, celui de nos valeurs, qui seront affectées à leurs tours : nos esprits, nos pensées, notre doctrine intellectuelle arabo-musulmane imbibée des valeurs de la modernité. De cette doctrine, la bourgeoisie compradore d’Etat au pouvoir alliée à l’impérialisme veut l’abattre. Quand les valeurs se perdent l’argent devient roi et son corollaire la corruption gangrénera tout le tissu social. L’impérialisme avec ses chaînes satellitaires, ses media mensonges, ces milliers de sites internet, déforme, dévalorise, sous-estime, insulte nos valeurs et nos croyances. Au point de pousser, nous les musulmans à sous-estimer les termes de nos valeurs ancestrales pourtant articulées à ceux de la modernité. La bourgeoisie compradore d’Etat alliée de l’impérialisme a appauvri matériellement le peuple algérien, le cantonne dans l’économie de la pauvreté (lire les travaux du prix Nobel d’économie Galbraith sur le sujet) pour devenir plus pauvre, l’économie informelle (trabendisme) pour devenir maffieux (au sujet de l’économie informelle lire les remarquables travaux du prix Nobel d’économie, Amartya Sen) et servir les forces occultes, pour que ce peuple reste tout le temps à courir après l’argent pour se nourrir et se loger. L’usage de la drogue et la pratique de la prostitution ont eu un effet dévastateur d’aliénation chez nos jeunes, ces maux servent la bourgeoisie compradore d’Etat. Ils veulent briser nos valeurs que sont El ijtihad, jihad elakbar (ou Jihad en-nafs), la solidarité entre nous, Nya (intraduisible), El Hikhlas, Es-Sadq(véridicité), la rectitude, la justice, la foi, le respect du contrat, du dépôt (El Amana), de la parole donnée, la bonne éducation, la sagesse, la paix, la sérénité, l’honneur, l’humilité, le pardon, le respect de soi et de son prochain, l’honnêteté, la dignité, la piété, la générosité…d’où la nécessité de penser à une nouvelle résistance intellectuelle et culturelle même si Dieu nous a doté d’un véritable cordon sanitaire pérenne qui reste notre dernier rempart: l’Islam. Cette vaste entreprise de destruction et de déconstruction mentale et intellectuelle, n’a pas d’équivalent nulle part dans le monde, toutes choses égales par ailleurs. Même si on a livré l’Algérie à l’ennemi sioniste et au colonel Schoen, ils auraient étaient incapable d’opérer et de faire aboutir, cette gigantesque entreprise de destruction de l’Algérie. L’œuvre de la bourgeoisie compradore d’Etat.

Abstract : L’idéologie ambiante essaye de nous faire avaler une couleuvre. Elle parle de « la »bourgeoisie comme d’une classe sociale unique sans nuance et c’est la raison pour laquelle le système algérien veut à tout prix dévaloriser l’étude, l’apprentissage et un partage de connaissance commun aux populations telles que les sciences sociales (qui élucident la genèse des phénomènes de société et rendent compte des dérives politico-sociales), la philosophie(qui nous donne les outils conceptuels et l’abstraction nécessaires pour penser le monde), les mathématiques (dont le niveau est horriblement bas, empêchent une bonne assimilation des Mathématiques qui structurent un esprit à vie et le dotent d’une implacable et infaillible logique-mathématico-déductive).

Souvenez-vous, dans les années 1990, la bourgeoisie compradore d’Etat a appliqué et s’est inspirée du programme Lacoste de 1956, « briser les cadres », résultat, la fine fleur de nos sociologues, nos psychiatres, nos ingénieurs, Boukhobza, Liabes, Aloula, Belkhenchir… lâchement assassinés, la liste est longue.

Pour une meilleure intelligibilité des réseaux de la corruption et pour pouvoir analyser les conflits avec l’impérialisme occidental, il est absolument important d’opérer une distinction entre deux secteurs différents et fondamentaux de cette bourgeoisie dans nos pays du tiers monde : La bourgeoisie compradore d’Etat et la bourgeoisie nationale ont certes en commun de pratiquer l’exploitation des travailleurs, mais leur position dans les relations internationales est très différente.

Eclairage, (Les répétitions sont volontaires)

Bourgeoisie Compradore d’Etat.

La bourgeoisie compradore d’Etat est une bourgeoisie parasite, qui ne produit rien dans le pays, cantonne le pays dans la dépendance alimentaire et l’empêche de s’industrialiser tout en continuant à s’enrichir en faisant des transactions de produits manufacturées avec les puissances étrangères. Sa mission éviter tout développement économique du pays. Elle sert d’agent, ou mieux de factotum de l’impérialisme, elle le sert comme facilitateur pour s’emparer des matières premières ou des productions au prix le plus bas (par ex : le bradage de notre ferraille avec la complaisance d’un pouvoir compradore), soit pour écouler les marchandises de l’ex colonisateur sur le marché local en éliminant les concurrents locaux (les semences, l’agriculture, le lait, les céréales, les textiles, l’armement, etc..).

Ces compradores d’Etat n’ont pas de vision pour développer leur pays : des énormes revenus (essentiellement des commissions sur les marchés commerciaux ou industriels publics, privés)  qu’ils tirent du pays, ils les réinvestissent à l’étranger, profitent de leur argent et vivent uniquement pour eux et leurs héritiers.

La bourgeoisie compradore d’Etat est l’alliée objective de l’impérialisme.

Sa mission première est de désindustrialiser et de pérenniser la dépendance alimentaire du pays à l’égard de l’étranger. L’exemple le plus illustratif est accablant (que je vis personnellement dans ma petite activité de vendeurs de semences) est notre totale dépendance en semences agricoles, allant du maraîchage aux céréales. (Rappelez-vous le rôle destructeur de l’ONAPSA)

Je vous rappelle l’impérialisme à 04 caractéristiques.

1-      Il veut exporter ses marchandises (le rôle de la France est prépondérant) qu’il fabrique dans son aire.

2-       Il veut exporter ses capitaux (Qatar, les pays du golfe, l’Arabie Saoudite, USA, France etc.) accumulés pour acheter tout notre pays (les banques, les assurances, les stations services, les cimenteries, les complexes pétrochimiques, la sidérurgie, notre flotte de transport marchand, nos compagnies d’aviation, nos télécommunications, nos câbleries, nos autoroutes, nos stations de dessalement…..bref tous nos bijoux de famille….)

3-       Il veut s’accaparer de nos ressources minières et énergétiques (c’est déjà fait).

4-       Il veut détruire nos valeurs, notre langue Arabe et notre doctrine Arabo-musulmane avec l’aide de l’ennemi intérieur, la bourgeoisie compradore d’Etat et Hezb França.

La mission du capitalisme-impérialisme est indémodable, sa finalité n’a pas changé d’un iota depuis 250 ans.

La bourgeoisie compradore d’Etat négocie l’exploitation et le bradage de nos gisements énergétiques avec les compagnies étrangères (Anadarko, Gaz de France, Suez etc..) en percevant des commissions.

La bourgeoisie compradore d’Etat au pouvoir fait son beurre grâce aux relations commerciales avec les puissances impérialistes. La bourgeoisie compradore d’Etat au pouvoir empêche le développement de l’Algérie en participant à l’exportation et la fuite des capitaux (Affaire Khalifa, Rabrab (Lynda Rabrab), Haddad, Iridjiouiden, Ait Adjoujou, Aichaibou, Bliquez, Betchine, tous les concessionnaires de voitures, La grande distribution Ardis (Reda Hamiani), le Concessionnaire caché de Toyota, 15% de notre crude oil stocké et commercialisé à Pusan en Corée du sud par le fils d’un haut responsable qui vient d’ouvrir un bureau à Paris, les alliances avec les Qataris et Saoudiens, etc.…).

La bourgeoisie compradore d’Etat sa seule hantise est de durer au pouvoir, cherche la stabilité même au prix du déshonneur, la Palestine ou la RASD. Pour négocier sa stabilité, la bourgeoisie compradore d’Etat offre des cadeaux-contrats au détriment de l’Algérie et donne à « manger » à tout le monde, aux français qui recolonisent l’Algérie, aux américains, aux Wahhabites…et ouvre même nos frontières aux produits israéliens…au détriment d’une véritable politique industrielle et de ré industrialisation du pays sans monopole (contre le monopole d’El Mouhtakir Rabrab) pour nous libérer du néo-colonialisme.

Les politiques d’industrialisations sont antinomiques et  se trouvent aux antipodes de la mission que confère l’impérialisme à son agent la bourgeoisie compradore d’Etat.

La bourgeoisie compradore d’Etat a entre les mains non seulement la rente économique mais aussi la rente politique du pays, refuse et barre la route à l’émergence d’une élite politique de qualité, progressiste librement élue. La bourgeoisie compradore d’Etat a de forte connexion avec la nébuleuse islamiste et encourage le néo-Salafisme et le Wahabbisme en Algérie qui pullulent dans l’impunité totale et la complaisance du pouvoir(abrités dans les ambassades de l’Arabie Saoudite et ceux du Golfe persique);

La bourgeoisie compradore d’Etat verrouille, domine et accapare avec boulimie tous les secteurs d’activités économiques du pays sans exclusive, pas un secteur ne lui échappe, elle est insatiable, Concessionnaires de voiture, Bellara, projets immobiliers, travaux publics, le sucre, l’huile, l’exportation du pétrole, l’armement, les semences, le lait, les céréales, le transport aérien, le transport maritime, le transport routier, l’exploitation minière et des carrière etc….La rente économique de la bourgeoisie compradore d’Etat est générée essentiellement par les importations massives de produits finis de tous azimuts financés exclusivement en devise par l’exportation de nos ressources énergétiques.

Vous comprenez pourquoi, depuis la mort de Houari Boumediene, la bourgeoisie compradore d’Etat empêche le développement de l’Algérie.

La bourgeoisie compradore d’Etat n’est ni industrieuse, ni agricole, elle veut gagner l’argent facilement. La bourgeoisie compradore d’Etat a introduit et a popularisé la mentalité compradore dont l’une de ses manifestations consiste (même pour le plus petit fonctionnaire qui détourne des fonds) à se remplir les poches et partir à l’étranger (El Hadda). La bourgeoisie compradore d’Etat par osmose sociale a introduit la culture du gain facile et a fait émousser toute ardeur au travail, l’amour de la chose bien faite et le sens du détail, de tout un peuple (par émulation et mimétisme). La bourgeoisie compradore d’Etat participe à un long crescendo jusqu’au paroxysme, à la destruction et la défibréllisation de l’Algérie à très court terme.

Bourgeoisie Nationale.

Par contre, la bourgeoisie nationale (représentée par 40.000 opérateurs industriels et agricoles anonymes) cherche à s’enrichir en vendant sa production locale industrielle ou agricole. Son intérêt est donc que les ressources du pays se développent, que le marché local se renforce et que le pays résiste aux importations des grandes puissances. Elle autorise le développement scientifique et technique, subsidie l’éducation et produit localement. Elle refuse ElHitikar, le monopole (Rabrab), car elle a intérêt à mener une révolution démocratique nationale contre le système Compradore- colonial-impérialiste actuel.

Elle veut s’occuper elle-même du droit d’exploiter les richesses du pays. La bourgeoisie nationale en Algérie est révolutionnaire, mais manque de capitaux pour développer une économie nationale indépendante. Notre bourgeoisie nationale n’a pas les moyens d’accumuler des capitaux nécessaires pour investir dans le développement des moyens de production, condition essentielle pour développer une économie indépendante. L’impérialisme et le capitalisme n’investiront jamais avec la bourgeoisie nationale (ils veulent que ce rapport de force profite à la bourgeoisie compradore d’Etat aisément achetable et corruptible au détriment du pays).

La bourgeoisie compradore d’Etat au pouvoir empêche la bourgeoisie nationale de se développer. Les puissances coloniales et impérialistes soutiennent toujours la bourgeoisie compradore d’Etat et la soutiennent pour qu’elle prenne le pouvoir. La bourgeoisie nationale n’a pas réussie à s’allier aux paysans et à notre moyenne paysannerie (Tragique erreur de Boumediene de l’avoir démantelée durant la révolution agraire) pour libérer le foncier agricole toujours entre les mains de la bourgeoisie compradore au pouvoir. La bourgeoisie compradore d’Etat veut accaparer les belles terres, les livrer à l’étranger et au nouveau monopole (Rabrab) qui les convoite. La bourgeoisie nationale est donc un allié possible –et même assez logique– pour une révolution populaire contre l’impérialisme. La bourgeoisie nationale doit créer une alliance avec la paysannerie et toutes les  autres classes dominées (Antonio Gramsci les appellent, « classes subalternes » (et non les baltagias qui sont gérés et aux mains de la B.C.E), c.à.d. des groupes sociaux absents des histoires « officielles » mais susceptibles, lorsqu’ils entrent comme des volcans en activité, de bouleverser l’ordre social, politique et engendrent des révolutions).

Cette distinction-nuance entre les bourgeoisies compradore et nationale est fondamentale et importante dans une stratégie révolutionnaire dans nos pays du tiers monde. En effet, nous les progressistes (je n’aime pas le terme nationaliste), nous devront créer le plus large front possible pour s’affranchir des puissances coloniales, néocoloniales et impérialistes et rendre gorge à la bourgeoisie compradore qui domine politiquement et économiquement notre pays et permettre un développement autonome de celui-ci pour assurer une solidarité diachronique et synchronique avec les générations actuelles et futures.

Ils y a aussi deux autres types de bourgeoisie, la bourgeoisie financière (banques, assurances) et la bourgeoisie impérialiste (grandes entreprises internationales). J’ajouterai une autre forme de bourgeoisie conjoncturelle (à la portée d’une habile loi des finances), éphémère, sans fond civilisationnel, spécifique à l’Algérie, qui sert un projet politique chimérique dont a toujours rêvé le colonialisme (Un berbéristan de la cyrénaïque aux iles canaries). Cette nouvelle bourgeoisie créée ex-nihilo pense et croit menacer notre civilisation arabo-musulmane, elle a un caractère ethniciste et raciste (Ex : Rabrab, Iridjiouiden, Ait Ajdoudou etc.….), j’y reviendrai.

Ce qu’il faut comprendre, actuellement en Algérie, le pouvoir est entre les mains de la bourgeoisie compradore d’Etat.

Qui fait partie de la bourgeoisie compradore en Algérie ?

1-      Aigle Azur réalise 95% de son chiffre d’affaire en Algérie. C’est l’aberration totale dans ses manifestations les plus néocoloniales. Elle est domicilié et imposable à Paris. Tous ses pilotes sont français. Ses chefs de cabines aussi. l’intégralité du montant de sa billetterie est réexportée à Paris. Elle ne paye aucun impôt en Algérie. Elle a deux associés algériens et leurs familles Arezki Iridjiuoden et Ahmed Ouyahya l’actuel premier ministre. Aigle Azur est une aberration économique, elle pille le pays car elle est associé à un pan important et représentant de la bourgeoisie compradore au pouvoir : Ahmed Ouyahya.

2-      Rabrab, relativement à ses bénéfices, investit peu en Algérie, et s’il investit c’est pour barrer la route aux autres, sa démarche à un caractère ethniciste et raciste, au vu de la composition et des  origines du staff de ses 35 sociétés. Rebrab transfère tous ses capitaux à l’étranger (surfacturations des achats et sous facturations des ventes à l’étranger) ; résultat sa fille Lynda marié au fils Reda Malek, gère un fond d’investissements de 7 milliards d’euros entre Genève et Zurich, essentiellement des fonds exportés d’Algérie qui relèvent de la  fuite des capitaux.

3-      Haddad (ETRHB) a noué des relations solides et à rejoint le cénacle de la bourgeoisie compradore au pouvoir. Selon le service de la fiscalité des grandes entreprises (à Ben Aknoun), les frères Hadad exportent annuellement jusqu’à 350 millions de dollars à l’étranger, ce montant représente des bénéfices sur les marchés de travaux publics, selon mes sources et celles des autorités espagnoles, ses investissements cumulés dans l’immobilier en Espagne approchent le milliard d’Euros, vous réalisez sans peine que ce n’est que l’argent du pétrole algérien…

Merad Abdelhakim