Que fait Me Ahmed SIMOZRAG au Burkina Faso?

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Que fait Me Ahmed SIMOZRAG au Burkina Faso?

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SAMSUNG DIGITAL CAMERACOMITÉ DE DÉFENSE DE L’IMAGE DE LA JUSTICE
SECTION ANTILLES-GUYANE

Que fait l’Avocat français Maître Ahmed SIMOZRAG depuis vingt ans en résidence surveillée au Burkina Faso ?
Pas un jour, de détention de plus ! Après 20 ans de privation de liberté et de bannissement de Maître Ahmed SIMOZRAG citoyen français, Avocat inscrit au barreau de Paris ; exilé au Burkina Faso, victime de Monsieur Charles Pasqua, ex ministre de l’intérieur.
Vingt ans en résidence surveillée ont causés à Maître Ahmed SIMOZRAG des graves préjudices : dans sa vie personnelle, familiale, intellectuelle, de travail, d’opinion ; des atteintes graves à cause du jugement indépendant de cet avocat français, écrivain et homme de religion que la république est censée protéger de toute transgression et abus par rapport aux principes fondamentaux « liberté égalité fraternité ».

En depit de l’abolition de la peine capitale par la république sous la mandature du président Monsieur François Mitterrand; Monsieur Charles Pasqua, en son ministère de l’intérieur a fait appliquer « la peine de mort intellectuelle, familiale, affective » à l’encontre de Maître Ahmed SIMOZRAG ayant prêté serment d’avocat au barreau de Paris.
Monsieur Ahmed SIMOZRAG écrivain et avocat français n’est ni un criminel, ni un délinquant mais un homme d’opinion et de jugement indépendant d’un autre bord idéologique et confessionnel qui s’est trouvé en devoir d’exercer ses opinions, à l’instar des pratiques de l’intellectuelles et politiques du philosophe Bernard Henri Lévy lui qui, n’a jamais été condamné à l’exil et en résidence surveillée bien que controversé.
Etant donné qu’il est admissible et reconnu dans notre république française le droit d’expression du philosophe Bernard Henri Lévy que fait cet autre intellectuel français d’origine algérienne l’Avocat Maître Ahmed SIMOZRAG en résidence surveillée au Burkina Faso ?
Des organisations de défense des droits humains, de nombreux juristes français ont fait la preuve de « la viduité criminelle » à propos du dossier de Monsieur Ahmed SIMOZRAG : les éléments et conclusions à l’appui ; en conséquence, les principes fondamentaux de « liberté égalité fraternité » exigent qu’une telle détention arbitraire en résidence surveillée, après vingt ne peut durer pas un jour de plus !
Une personnalité, telle que Monsieur Ahmed SIMOZRAG, ne peut être exclue, bannie et exilée plus longtemps dans la république ayant la vocation à faire libérer des citoyens français pris en otage à l’étranger et de veiller, sans exclusivité au respect et à la protection des droits des personnes et des biens.
Libérez Maître Ahmed SIMOZRAG ; l’otage des quiproquos et de préjugés, sous Charles Pasqua ministre de l’intérieur ; une époque révolue, dans notre république de l’intégration et non de l’exclusion.
Comité de défense de l’Image de la Justice/ Section Antilles Guyane.
Copies aux médias
Internet et facebook

‘The Algerian Speech’ durant l’année 1957, J.F Kennedy apporte un soutien sans équivoque a la question Algérienne.

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Monsieur le Président,

La force la plus puissante dans le monde d’aujourd’hui n’est ni le communisme ni le capitalisme, ni la bombe H, ni les missile tele-guidés, mais l’éternel désir de l’homme d’être libre et indépendant.

Le grand ennemi de cette force immense pour la liberté est appelé, faute d’un terme plus précis, Impérialisme – et aujourd’hui cela signifie l’impérialisme soviétique et, que cela nous plaise ou non, et s’ils ne doivent pas être assimilés, l’impérialisme occidental aussi.

Il y a beaucoup de guerres d’indépendance aujourd’hui contre l’impérialisme occidental dans le monde, qui exigent notre attention. Mais celle qui emerge au-dessus de tout le reste, est celle de l’Algérie.

Je parlerai cet après-midi de nos échecs et de notre avenir en Algérie et en Afrique du Nord

Monsieur le Président,

La guerre d’Algérie confronte et mets les États-Unis dans une impasse diplomatique, la plus importante depuis la crise en Indochine . Nous n’avons pas seulement échoué à répondre au problème sans détour et avec efficacite, nous avons même refusé de reconnaître que c’est notre problème aussi.

Aucune question ne pose un défi plus difficile à nos décideurs en politique étrangère – et aucune question n’a été plus cruellement négligée que celle de la question Algérienne.

Bien que je suis un peu réticent à entreprendre un examen public de cette affaire comme je l’avais espéré – quand j’ai commencé une étude approfondie du problème il y a 15 mois.

Je suis encore plus réticent à me montrer critique envers notre doyen et premier allié (La France), dont l’aide a notre propre guerre d’indépendance ne sera jamais oublié et dont le rôle dans le cadre des événements du monde a toujours été l’un de leadership et de coopération constructive.

Je ne veux pas que notre politique soit anti-française, pas plus que je veux que ce soit antinationaliste – et je suis convaincu qu’un nombre croissant de Français, dont nous saluons la patience et l’endurance, doivent comprendre que les points de vue exprimés dans ce discours sont, à long terme, et dans leur propre intérêt.

Les diplomates américains et français, il faut noter d’emblée, se sont joints à dire depuis plusieurs années que l’Algérie n’est pas un sujet approprié pour les débats de la politique étrangère américaine et qu’il est tout un sujet de préoccupation interne, français, un provincial soulèvement, une crise qui trouvera une réponse de manière satisfaisante au niveau local.

Mais quelle que soit la vérité originelle de ces clichés peut-être, les faits sur le terrain en Algerie aujourd’hui peinnent le nouveau visage du nationalisme africain, et les sous-produits de plus en plus larges de la crise , ont fait de l’Algérie un sujet du droit international, et par conséquent américain.

La guerre d’Algérie,dans laquelle sont engage plus de 400 000 soldats français, a dépouillé les forces continentales de l’OTAN à l’os.

Elle a estompé les espoirs occidentaux d’un marché commun européen, et gravement compromis les réformes de libéralisation de l’OECE, en forcant la France à imposer de nouvelles restrictions à l’importation en vertu d’une économie de guerre. Cette guerre qui ne dit son nom a maintes fois fait l’objet de discussions aux Nations Unies, où nos remarques équivoques et l’opposition à son examen ont endommagé notre leadership et de prestige dans ce corps.

Elle a miné nos relations avec la Tunisie et le Maroc, qui ont naturellement un sentiment de cause commune avec les objectifs des dirigeants algériens, et qui subissent de la part du d’un gouvernement français des représailles économiques pour leur aide au nationalisme algérien.

Elle a dilué l’efficacite de la doctrine Eisenhower pour le Moyen-Orient, et nos programmes d’aide étrangère et d’information. Elle a mis en péril la presence de certains de nos bases aériennes les plus stratégiques, et menacé nos avantages géographiques sur l’orbite communiste.

Elle a affecté notre réputation aux yeux du monde libre, notre leadership dans la lutte pour garder ce monde libre, notre prestige et notre sécurité, ainsi que notre leadership moral dans la lutte contre l’impérialisme soviétique dans les pays communistes.

Elle a fourni des munitions puissant pour la propagande anti-occidentale à travers l’Asie et le Moyen-Orient – et sera l’élément le plus gênant durant à la conférence Octobre à Accra des nations libres de l’Afrique, qui espèrent, en facilitant la transition vers l’indépendance d’autres colonies africaines , et la recherche des voies communes pour que ce grand continent reste aligne sur l’Occident.

Enfin, la guerre d’Algérie n’a cessé drainé la main-d’œuvre, les ressources, et l’esprit de l’un de nos alliés, le plus ancien et le plus important – une nation dont la force est absolument vital pour le monde libre, mais qui a été forcé par ce conflit épuisant de reporter de nouvelles réformes et de programme sociaux, à étouffer de nouveaux plans importants pour le développement économique et politique en Afrique occidentale française, le Sahara, et dans une Europe unie, faire face à un mouvement communiste national consolidé à un moment où le communisme est en retraite ailleurs dans Europe, pour étouffer un journalisme libre et critique, et de libérer la colère et les frustrations de ses habitants en perpétuelle instabilité gouvernementale et à une attaque brutale sur Suez.

Non, l’Algérie n’est plus un problème pour les Français seuls – et ne sera jamais…

Son examen a l’ONU est compréhensible, une discussion franche et complète d’une question si importante pour nos intérêts doit être évaluée sur les deux côtés de l’ alliance atlantique.

Il est urgent, de faire face aux problèmes réels auxquels nous sommes confrontés en Algérie – ces questions ne peuvent plus être évités à l’ONU ou à l’OTAN – des questions qui deviennent de plus en plus difficile de solutionner, dans une guerre acharnée apparemment sans fin.

Le gouvernement français, quelle que soit la personnalité de ses dirigeants, semble soudée aux mêmes formules rigides qui ont régi ses actions en Algérie depuis si longtemps, et le seul signe d’espoir est une préoccupation plus articulée pour un règlement parmi les penseurs indépendants en France.

En tout et pour tout je soutiens que la France, doit reconnaitre l’Algérie comme une entité indépendante.

Et a mon avis, la France doit mener des négociations avec les nationalistes sur cette base.

 

 

Voilà ! De quelle manière a rendu l’âme un chirurgien dans le plus « grand hôpital » d’Algérie

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Par Dr Aissam Chibane

Il est 15 heures, le premier du mois d’octobre, un mois qui me rappelle beaucoup de malheurs. Superstitieux que je suis, hormis l’anniversaire de ma femme que nous célébrons avec joie, les autres jours m’inspirent beaucoup de craintes.
Ebloui par cette journée bien ensoleillée avec un beau ciel bien dégagé, j’exprime mes regrets à un confrère de passer encore toute une matinée sous les lumières aveuglantes des scialytiques, ces phares suspendus au plafond de la salle d’opération qui ne projettent pas d’ombre.
- Que veux-tu mon ami ? J’espère juste avoir la santé pour continuer.
-Pour continuer à t’enfermer dans cette cave ?
-Si ce n’était pas l’amour du métier, penses-tu qu’il restera encore des gens à l’hôpital dans ces conditions de travail ?
-Eh oui ? Rien ne motive qui que ce soit !
-Ce métier est devenu très pénible, au stress des interventions s’ajoutent ces problèmes qui n’ont aucune raison d’être. Peut être juste pour nous boucher les coronaires…
D’un air effrayé, Salim un agent de sécurité s’invite à notre petit cercle, il nous interrompt subitement et dit :
-Mr Ameur est au pavillon des urgences
-Mais depuis quand ? Il a repris ces gardes ?s’interrogeait mon collègue.
-il a fait un malaise ! répondait Salim.
Nous descendîmes au pavillon des urgences et trouvâmes Dr Ameur chaussé, allongé sur un lit en tenue civile, un pantalon marron en velours raillé avec une chemise à carreaux de la même couleur, la chemise déboutonnée faisant découvrir son torse sur lequel des ventouses sont déjà placées et connectées à un électrocardiographe.
Cet instrument déjà en place me fait peur, l’urgence est vitale.
Je desserre sa ceinture et enlève ses chaussures. D’un regard explorateur je cherche sur les visages l’expression de celui qui gère la situation, il y avait deux infirmières et une résidente.
Je la reconnais rapidement, elle était mon interne, son assiduité d’internat me rassura. Elle est en fin de cycle et elle doit maitriser talentueusement.
-Dr Chibane ! C’est un parent à vous ?
-c’est le Dr Ameur, un chirurgien de notre équipe en thoracique, tu peux dire mon Maître !
-Ah, oui je me disais que son visage m’est familier !! J’avais l’habitude de le voir en tenue.
En m’éloignant avec la cardiologue, j’essayais de me renseigner.
-Alors ! Dis-moi …c’est cardiaque apparemment.
-Effectivement, il est en train d’infarcire !! J’ai déjà commencé la thrombolyse, j’ai le regret de t’annoncer que la salle de cathéter à notre niveau est encore une fois en panne ! une angioplastie c’est l’idéal…
-Dis-moi. Que faire ?
-Nous n’avons pas beaucoup de choix, Dr Chibane, la salle la plus proche est au CNMS, tâches de nous ramener une ambulance du SAMU en attendant que la thrombolyse passe, nous avons encore une heure devant nous.
-Et vous penser que nous pouvons l’évacuer dans cet état ?
-Ecoute mon ami, c’est sa seule chance !pourvu qu’il garde cet état hémodynamique, pour le moment, il est stable.
J’appelle le SAMU, on s’efforce de me rassurer :
-le parc est vide actuellement, aussi vite qu’une ambulance rentre, vous l’aurez !
La thrombolyse est en court, de toute façon nous devons attendre qu’elle se termine en attendant le SAMU.
Je reviens au chevet de Mr Ameur et le retrouve entouré de plusieurs personnes : ses résidents, des agents, la salle est à son comble.
Gentiment on les prie de le laisser dans le calme et de quitter la salle, quand subitement un agent de l’administration fait effraction pour réclamer la résidente.
A haute voie, sans aucune retenue, il lui exige d’hospitaliser une patiente qui s’est plaint à la direction.
Elle me regardait désarmée, comme si elle voulait me dire à quel point elle est agacée par ce type. Je l’interpelle dans ma colère à basse voie pour lui expliquer à quel point son silence nous est indispensable dans cette salle où les patients souffrent de leur cœur. Il me regarda d’un air méprisant pour sortir contrarié en disant à la cardiologue :
-je vous attends dehors Dr ! J’espère que vous trouverez une solution pour ce problème !
En tenant la main de Mr Ameur, mon regard est soudé sur celui de la résidente, l’expression de son visage la trahit, sa déception se lit à chaque fois qu’elle tire sur le ruban en papier raturé par le tracé de la machine à ECG.
Son inquiétude bat son plein, de temps à autre, elle déplaçait les ventouses comme si elle voulait avoir un tracé complet de toute la circonférence du cœur.
Elle ne ménageait aucun effort, et gérait son équipe d’infirmières comme un commandant s’accrochant avec acharnement à sauver son bateau d’une tempête dévastatrice.
Mr Ameur à qui la gravité du cas ne peut être qu’évidente, ressentant sa douleur l’écrasant contre le lit, chercha dans sa poche, puis me donna deux téléphones.
-Chips, informes ma femme ! N’oublies pas aussi Hocine, appelle Didinne aussi.

En une fraction de seconde, je passe de l’autre côté, celui du patient, je ne me sens plus médecin, j’encaisse et subit la douleur et je réclame à mon tour de l’attention et le soin. Je fais comme le patient le deuil, le silence face à cette tragédie vaut mieux que mille paroles pour me consoler.
Je cherche un endroit pour me cacher, pour verser mes larmes, pour me décharger de cette boule bloquée dans ma gorge que je n’arrive pas à avaler. Une collègue me suit au pas, en me tenant les mains tendrement. Elle a choisi de me laisser parler, elle savait que nulle parole ne puisse me consoler.
Cette tendresse même à mon insu m’apprend à jamais et grava dans mon cœur, une fois pour toutes, le bénéfice de ces petits gestes pour ceux qui font un deuil.
Apres la troisième ressuscitation, on le transféra en salle de réanimation, gardant une activité cardiaque sous drogues.
Le plus optimiste des cardiologues ne rassure guère personne, il ne peut survivre avec une fraction d’éjection à moins de 20 %, ce n’est pas compatible avec le moindre effort.
En moins d’une demi-heure, le brave cœur a lâché, le tracé plat sur le scope avec un son continu assourdissant retentit dans la salle comme une gifle sur tous les visages. La consternation fait suite à l’angoisse ! La thoracique perd l’un de ses piliers.
Comment annoncer la nouvelle à sa femme qui n’arrête pas de faire des allers retours dans le hall de l’étage, téléphone plaqué contre sa tête affolée.
-Quoi ? Vous dites…ballon contre pulsion ? Ok…j’appelle à l’instant pour voir si ça existe ici en Algérie…
La voyant encore espérer quelque chose, alors que son homme n’est plus…je ressens encore une fois cette boule d’angoisse et essaye d’esquiver le face à face.

Voilà ! De quelle manière a rendu l’âme l’un des pionniers de la chirurgie thoracique en Algérie, celui qui n’a pas cessé d’interpeller les autorités tout au long de sa carrière de la nécessité de restructurer notre système de santé.
Populaire de son état, un vrai fils du peuple, il se confia à ses confrères dans son pays. Il avait confiance mais il savait que comme tout algérien ses chances de s’en tirer sont tributaires de la bonne fonction et la disponibilité des moyens que l’on met à la disposition du médecin.
Ce jour-là, la salle de cathétérisme au plus grand CHU d’Algérie était en panne. Ce jour-là le malheur a encore surgit au mois d’octobre. Le destin a frappé à la porte.

La solution est dans la révolution, pas les élection

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Participer à la prochaine élection présidentielle est une collaboration, au sens que nous lui donnions dans les années 50, avec le régime anti-démocratique en place, visant, incontestablement, à le renforcer et à le pérenniser.
Toute candidature se proclamant de l’opposition au système est une imposture dont le peuple algérien n’est ni ne sera dupe de l’escroquerie politique à l’œuvre.
La promotion de candidats affublés de toutes les qualités faites de professionnalisme, de patriotisme, de réformisme, de modernisme, de jeunisme, est déjà lancée dans les médias, les journaux affidés du pouvoir, les réseaux propagandistes et les forums orientés.
Le moindre coup de barre vers le pouvoir établi, comme l’ont fait le Parti des travailleurs de Louisa hanoune et le Front des forces socialistes de Hocine Aït Ahmed – ces deux partis qui formaient, jusqu’à leur ralliement, l’opposition la plus radicale – est une défaite de toute l’opposition à un système dominateur, corrompu et illégitime, n’étant pas l’émanation de la volonté générale.
« Chaque idée fausse que nous traduisons en acte est un crime contre les générations futures. Nous sommes donc tenus de punir les idées fausses comme d’autres punissent les crimes […] », écrit Arthur Koestler dans son fameux roman « Le zéro et l’infini ».
Participer à la prochaine élection présidentielle est une idée non seulement fausse mais mauvaise, nuisible et dangereuse. Nuisible et dangereuse pour le peuple, nuisible et dangereuse pour la démocratie, nuisible et dangereuse pour l’Algérie qui a besoin de changements profonds. A défaut de réformes urgentes, ouvrant sans aucune contrainte législative et administrative les champs politique, syndical et médiatique, la révolution deviendrait inéluctable.
La voie électorale, un leurre qui ne devrait, en principe, berner personne, sert, en l’état politique actuel, exclusivement les intérêts d’un pouvoir qui ne veut rien céder en rien.
Les élites électoralistes, à l’exemple de celles des années 50 qui se sont fourvoyées, prétendent pouvoir réformer pacifiquement le système dans le cadre de la « légalité ». A chaque fois qu’elles ont joué à ce jeu légal mortifère pour défendre leurs seuls privilèges, les élites ont fait reculer de plusieurs décennies la souveraineté du peuple algérien sur ses institutions qui doivent être son authentique émanation. Parce qu’elles se moquent des lois démocratiques pour obéir aux règles militaires.
La preuve en est que l’ancien ministre de l’économie, Ghazi Hidouci, qui, par ailleurs, plaide pour l’autonomisation des espaces sociaux, attend – contradiction ? – que l’armée ou sa haute hiérarchie fasse appel à son ami Mouloud Hamrouche, seule personne, selon lui, « à pouvoir être écoutée. » « Pas par les rentiers ( ?), dit-il, mais par les militaires qui auront peur de l’évolution de la situation. Mais, ajoute-il, seront-ils prêts à faire ce compromis et à le solliciter ? ». « Pour l’instant, conclut-il, il n’a pas été appelé […] ». (Voir TSA du 4 novembre 2013).
Curieuse conception de la démocratie et de l’autonomie, curieuse façon de restituer au peuple son droit de disposer de lui-même.
Les élites qui nous assomment de ce « sens de l’Histoire » qui n’a même plus de sens, alors que, selon le mot de Camus, elles « n’ont jamais placé que leur fauteuil dans le sens de l’histoire », sont prêtes à toutes les compromissions pour exercer une part infime du pouvoir délégué.
Ces mêmes élites ont abandonné le champ de la défense des valeurs nationales et démocratiques pour assouvir leurs intérêts égoïstes que Julien Benda appelle dans « La trahison des clercs » les « intérêts pratiques ».
Même si les mensonges servent, en effet, mieux l’Histoire que la vérité, celle-ci finira bien par s’imposer.

 

Brahim Younessi

Notre Histoire,…

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Notre Histoire, celle de la révolution spécialement, si elle n’a pas ete écrite, c’est par le fait que les hommes qui affirment l’avoir faite ne le voulaient pas, car ce n’étaient que des hommes, lesquels s’ils l’ont faite et tant que la révolution perdurait étaient considérés comme des anges et une grande partie parmi eux étaient aussi purs que des anges, mais pas d’autres c’est ma nature humaine qui donne cette certitude.

Car l’homme est imprégné de par sa nature en bien et en mal et personne n’y échappe que ceux que Dieu a préservés. Vouloir que certains soient plus humains que d’autres, ou mieuxque d’autres, ne peut reposer sur des certitudes dont les bases historiques n’ont jamais existé, ce n’est qu’une vue de l’esprit, surtout lorsqu’on conduit un état sous-développé nouvellement admis dans le concert des nations et sans expérience préalable de l’état ni de la manière de le diriger. Se comparer aux nations dont l’état existe depuis des siècles me semble présomptueux.

L’intention à attribuer à un homme n’est pas du domaine du jugement humain sauf si elle se traduit en faits sans équivoque et dont nous possédons tous les éléments. Difficile de l’affirmer par qui que ce soit quand il s’agit des postes les plus élevés de l’état, ou une âpre lutte pour le pouvoir se déroule sans que personne ne la ressente vraiment.

La seule expérience qu’avaient les leaders à l’indépendance est celle de la révolution et de la lutte anti-coloniale et peut être aussi l’exemple de l’administration et de la politique coloniale en Algérie qu’ils ont vécu parfois dans leurs chairs et celles de leurs proches. L’école de la vie pour eux ne pouvait former des gens portés sur des notions qui nous ont toujours été exogènes dans notre culture patriarcale, tels que démocratie et droits de l’homme.

Je ne vois aucune utilité de toucher à Boumedienne ou à Boudiaf ou d’essayer de les comparer eux ou d’autres, c’est seulement en tant que révolutionnaires et en tant qu’hommes qu’il faut les appréhender avec leurs forces et leurs faiblesses, mais quoi qu’il en soit à mon humble avis, ces deux là ont le moins à se reprocher que d’autres, nous n’avons pas toute l’information et s’il faut aller la chercher dans un site de pieds noirs associé à un site de harkis, le problème n’est pas là. Ces pieds noirs que l’OAS dont ils ne font pas tous partie, a privés de l’Algérie de même qu’elle a privé l’Algérie de leur savoir faire en un moment ou elle en avait besoin, sont plus loyaux envers ce pays que l’engeance qui est en train de le détruire à jamais si rien n’est fait rapidement.

Algérie était v…

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Algérie était virtuellement indépendante dés la proclamation de la fin des empires coloniaux en 1945 lors des Accords de Yalta et de la double rencontre de Messali avec Staline et les dirigeants américains (Robert Murphy et Eliott Roosevelt)au cours de laquelle les uns et les autres ont exhorté les algériens à mieux s’organiser pour revendiquer leur indépendance, d’où l’idée des AML qui a regroupé tous les courants du mouvement nationaliste.Depuis cette date, la course au pouvoir fut féroce et sournoise…D’ailleurs, la décision qui a déclenché la répression génocidaire du 8 mai 1945, a été prise par de la tête de Messali, Ferhat Abbas, les Oulémas et Lamine Debaghine. En un moment, des opportunistes ont grillé la politesse à la direction des AML…Le même scenario, n’en déplaise à Ait Ahmed, s’est reproduit en 1953 avec la complicité des égyptiens qui avaient une peur bleue de Messali dont le charisme et le leadership planait sur toute l’Afrique, le monde arabe et musulman, une véritable référence pour les peuples qui aspiraient à leur indépendance…Le 1er novembre 1954 fut beaucoup plus un coup d’État qu’un mouvement d’insurrection…Nous ne pouvons pas avancer et sortir du tunnel si nous refusons de regarder les choses en face. Le FLN est une arnaque des moukhabarates…Il n’a jamais existé.
Autre chose, qu’on arrête de dire n’importe quoi sur Benbella et d’être des agents inconscients de la propagande du régime.Certes Benbella est limité, mais il n’a jamais été un anti berbériste. Au fait, ses querelles avec Abane remontent à 1949…Abane n’était encore qu’un militant de base, lorsque accompagné de Fernane El Hanafi, traita l’arme au poing les berbèro communistes « d’entreprise criminelle », en présence d’Ait Ahmed et de Benbella venus faire entendre raison à Belounes Said, Benai Ouali et Ould Hamouda Amar

Réflexions sur …

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Réflexions sur le Congrès de la Soummam
Benyoucef BEN KHEDDA

Rappelons brièvement le contexte historique de l’époque.

Rappel historique
On sait que l’insurrection algérienne a été déclenchée par les éléments du CRUA (Comité révolutionnaire pour l’unité et l’action) tous issus de l’OS (Organisation Spéciale) branche armée du PPA-MTLD, à la suite de l’éclatement de la direction de ce parti en deux factions : Comité central et Messali.

La direction de la Révolution passe alors aux «6» du CRUA qui sort au grand jour le 1er Novembre 1954 sous l’appellation du FLN (Front de libération nationale).

Le partage des responsabilités entre eux, après leur réunion du 23 octobre 1954 à Bologhine (ex-Saint-Eugène), s’était fait ainsi :

Zone 1, Aurès-Némencha, Mustapha Ben Boulaïd,
Zone 2, Nord-Constantinois, Mourad Didouche,
Zone 3, Kabylie, Belkacem Krim,
Zone 4, Algérois, Rabah Bitat,
Zone 5, Oranie, Mohammed Larbi Ben M’hidi.
(Les zones seront remplacées par les wilayate après le Con-grès de la Soummam).

Quant à Boudiaf, désigné par ses pairs «coordonnateur», il s’envole pour le Caire porteur de la Proclamation du 1er Novembre 1954 qui sera lue sur les ondes de Sawt-El-Arab, la Radio du Caire, dans la nuit du 31 octobre au 1er Novembre 1954 par Ben Bella.

Ben Bella, Aït Ahmed et Khider, établis dans la capitale égyptienne où ils représentaient la délégation extérieure du PPA-MTLD avaient entre-temps opté pour le CRUA et avec les «6» ils constituaient à «9» la première direction du FLN.

Avant de se séparer à Bologhine, les premiers s’étaient donnés rendez-vous au 12 janvier 1955 pour faire le point de la situation, malheureusement les événements surgis de la guerre ne leur ont pas permis de se rencontrer.

Didouche meurt le 12 janvier dans un combat face à l’ennemi.

Ben Boulaïd est arrêté le 12 février 1955 à la frontière tuniso-libyenne, en se rendant au Caire afin d’activer l’entrée des armes promises.

Boudiaf et Ben M’hidi se déplacent entre le Maroc et l’Egypte en vue de prospecter les armes et organiser leur acheminement en Algérie.

Abbane libéré le…janvier 1955, après 6 ans de détention, regagne son village natal, où il est rejoint par Krim et Ouamrane.

Bitat est arrêté le…mars 1955. Ouamrane lui succède à la tête de la zone 4 et confie, en accord avec Krim, la responsabilité d’Alger à Abbane.

Le PCA (Parti communiste algérien) a éclaté, à cause de sa composition mixte formée d’Européens et de Musulmans et de sa sujétion au PCF (Parti communiste français) allié au parti socialiste de la SFIO au sein du Front républicain qui votera la loi sur «les pouvoirs spéciaux» destinés à renforcer l’armée de répression en Algérie. Le PCA sortira discrédité aux yeux des masses algériennes.

Les messalistes sont majoritaires en France où une lutte sanglante et meurtrière est engagée entre leur parti : le MNA et le FLN, dont l’enjeu est l’émigration algérienne forte de 300 000 et d’où ils envoient fonds et instructions à leurs maquis, actifs en Kabylie, au Sud et à Alger-ville.

Mais le gros problème demeure la minorité européenne, forte d’un million d’habitants (sur 10) qui ont fait de l’Algérie une colonie de peuplement et où ils tiennent les leviers de commande. La Révolution grandissante inquiète ce bloc raciste et colonialiste qui commence à se fissurer. Des individus et des groupuscules appartenant aux trois confessions catholique, protestante et juive (catholique surtout), émus par les massacres des civils musulmans prennent position contre la répression. Cependant, la grande majorité fait confiance à l’armée et au gouvernement de Paris.

Sur le plan politique

En dehors des tracts et des communiqués paraissant occasionnellement, le FLN n’avait pas de journal pour s’affirmer sur le plan public, faire connaître ses positions politiques, relater les exploits de l’ALN, les massacres et tortures de la police et de l’armée françaises.

Il y avait un vide syndical dû à la faillite de la CGT (Confédération générale des travailleurs) d’obédience communiste.

Les étudiants et les quelques intellectuels qui avaient adhéré au Front posaient déjà des questions d’ordre idéologique : nature de l’Etat algérien indépendant, réforme agraire, problèmes sociaux, etc.

Abbane créa alors une commission dont le résultat se traduira dans le Projet de la «Plate-forme de la Soummam». Parallèlement se poursuivait grâce à un noyau de militants d’Alger l’encadrement de la population, dans une infrastructure spécifique : la zone autonome d’Alger avec deux volets politique et militaire.

Sur le plan militaire

Les maquis avaient fini par faire leur jonction. Cependant des conflits frontaliers éclataient à l’exemple de la zone 2 s’opposant à la base de l’Est pour le contrôle de la bande frontalière.

Dépassements, encadrement déficient, structures différentes d’une zone à l’autre caractérisaient l’ALN. Son extension dépendait étroitement de l’armement et les promesses faites à l’extérieur ne se réalisaient pas. Les armes manquaient terriblement. Ce fut la cause principale de l’arrestation de Ben Boulaid, et c’est pour armer les djounoud que Zighoud Youcef lança sa fameuse opération du 20 août 1955.
En France

En France l’Algérie est devenue la première préoccupation du gouvernement et de l’opinion publique.

En mars 1956, le Front républicain socialo-communiste a remporté les élections législatives et Guy Mollet, chef de la SFIO, est porté au pouvoir. Grâce aux «pouvoirs spéciaux» qui lui furent votés par la nouvelle assemblée, le gouvernement de gauche augmente le potentiel de son armée. De 200 000 hommes en 1956, l’effectif de cette dernière va s’élever à 400 000. En même temps, Guy Mollet lance son triptyque : cessez-le-feu, élections, négociations. Son idée était d’obtenir la reddition de l’ALN. Après quoi, il organiserait des élections en vue de dégager des «élus» avec lesquels il «négocierait». Un moyen d’imposer une solution militaire.

Pour le FLN, il n’y avait pas d’autres perspectives que la guerre.

Sur le plan international

A l’ONU, lors de la 10e session, les délégués arabes ont tenté d’inscrire la «question algérienne» à l’ordre du jour. Elle a été repoussée par la majorité acquise à la France et ses alliés.

L’attitude des gouvernements arabes, bien que favorable à l’Algérie, particulièrement de l’Egypte, est sujette à des fluctuations sous la pression de la France qui monnaie l’aide économique et financière. Le porte-parole du FLN à la radio Sawt el Arab, libre jusque là, est censuré. Le danger est grand de voir la Révolution algérienne instrumentalisée par Djamel AbdEnnasser qui jouit d’un immense prestige auprès des masses arabes du Golfe à l’Atlantique.

Le colonel Fethi Dhib, chef des services spéciaux égyptiens, manœuvre dans ses rapports avec les membres de la délégation extérieure où il privilégie Ben Bella s’ingérant directement dans les affaires du groupe, créant animosité et disputes entre eux.

Un gros problème se posait à la direction du FLN partagée entre Alger et le Caire, celui des positions officielles devant tel ou tel événement, telle ou telle question pesant sur le cours de la Révolution : ainsi l’ouverture des négociations qui pouvaient ébranler la cohésion politique du FLN et semer la division, cette maladie mortelle des révolutions. Jusqu’ici, l’identité de formation des dirigeants issus tous du même parti : le PPA-MTLD, avait empêché l’éclatement. Mais le danger pouvait survenir devant les initiatives de la France.

Déjà des dissonances apparaissaient entre Abbane qui affirmait : «Pas de négociations sans la reconnaissance préalable par la France de l’indépendance algérienne», pendant que de son côté Khider au Caire parlait d’«Assemblée nationale constituante».

La France ne se privait pas d’exploiter ces contradictions. Et quand les journalistes posaient aux officiels français la question des «négociations», ceux-ci répondaient invariablement «Avec qui ? », et parlaient de «fait national algérien», de «table ronde» destinée en réalité à noyer le FLN dans un magma de partis sans représentativité : MNA, PCA et autres formations et personnalités musulmans et européens.

S’il existait des commandements à l’échelle zonale, si au Caire la délégation extérieure assurait avec plus ou moins de bonheur la représentation du FLN, par contre il n’existait pas une direction centrale coordonnant les activités du FLN, politiques et militaires, nationales et internationales constituant une autorité en mesure de se poser en interlocuteur valable vis à vis de l’adversaire, porte-parole de la Révolution et du peuple algérien.

A un moment donné il fut question d’une direction de «12» membres : six de l’intérieur (Ben Boulaïd, Zighoud, Krim, Bitat, Abbane, Ouamrane) et six de l’extérieur (Ben M’hidi, Ben Bella, Aït Ahmed, Khider, Debbaghine, Boudiaf).

Un des sujets de discorde qui ne cessait de tendre les rapports entre Alger et Le Caire, c’était les éléments envoyés d’Alger pour représenter le FLN sur la scène internationale et qui étaient contestés par ceux du Caire : Ferhat Abbas, Tewfik El Madani, Kiouane.

Dans chaque lettre adressée au Caire, Abbane revient à la charge sur la question des armes où il parle de «carence». C’est pour tenter de régler tous ces problèmes politiques, militaires et autres et désigner la direction offi-cielle du FLN absente de la scène politique depuis 2 ans qu’Abbane finit par prendre l’initiative de s’adresser aux chefs de maquis en vue d’une rencontre. Il avait déjà l’accord de Krim (Kabylie), Ouamrane (Algérois) ; il n’arrive pas à joindre Ben Boulaïd évadé de la prison de Constantine depuis novembre 1955. A Youcef Zighoud (Nord –Constantinois) il délègue Saâd Dahlab ; et c’est ainsi que le futur négociateur d’Evian inaugure son activité diplomatique au FLN. Zighoud adhère pleinement à l’idée. Les éléments qui étaient à l’extérieur sont également touchés. Seul Ben M’hidi rentrera à Alger en mai 1956. Je ne connais pas exactement les motifs pour lesquels les membres de la délégation extérieure n’ont pas suivi l’exemple de Ben M’hidi. Ceux d’entre eux qui sont encore ne vie peuvent nous éclairer.

Le Congrès et ses décisions

Le Congrès se réunit, comme chacun sait, dans la maison forestière d’Ighbal, à Ifri, non loin d’Ighzer Amo-krane, sur la rive gauche de la Soummam, à quelques kilomètres d’Akbou, le 20 août 1956.

Le procès-verbal de la première séance donne la liste des membres présents.

« Les membres présents étaient :
- BEN M’HIDI, représentant de l’Oranie (président de Séance),
- ABBANE, représentant le F.L.N. (secrétaire de séance),
- OUAMRANE, représentant de l’Algérois,
- KRIM, représentant de la Kabylie,
- ZIROUT, représentant le Nord-Constantinois,
- BENTOBBAL, adjoint de Zirout.

Membres absents :
- BEN BOULAID, représentant des Aurès-Nemenchas,
- SI CHERIF, représentant le Sud (excusé après avoir adressé son rapport à la réunion). »

Les congressistes n’avaient pas la certitude absolue de la mort de Ben Boulaid, qui remontait à cinq mois, ce qui explique que son nom figure dans cette liste.

Comme on le voit, le Congrès se réduit à six membres. En dehors des séances, ceux-ci se retrouvaient chacun avec d’autres membres de sa zone : Ali Kafi et Mos-tefa Ben Aouda avec Zirout et Ben Tobbal, Saïd Mohammedi et Aït Hamouda Amirouche avec Krim (zone 3), Déhilès, Si M’hammed Bouguerra et Ali Mellah avec Ouamrane (zone 4). Chaque chef de zone présenta un état de la situation : effectif des moudjahidine, armement, état d’esprit des combattants et de la population.

Les décisions organiques

Les zones furent remplacées par six wilayate découpée chacune en zone (mintaka), secteurs (nahia), région (kisma), chacune d’entre elles dirigée par quatre membres selon le principe de la direction collective.

Le Conseil de wilaya comprenait un colonel politico-militaire assisté de trois commandants : militaire, politique, liaisons et renseignements. Le secteur sanitaire était rattaché au Conseil de wilaya.

Pour les unités, elles allaient depuis le demi-groupe composé de 4 hommes commandés par un caporal jusqu’au bataillon de 350 hommes commandés par un colonel. Allergiques au culte de la personnalité qu’ils venaient de vivre récemment dans le conflit Messali-Comité central, les congressistes décidèrent qu’il n’y aura pas de grade de «général» jusqu’à la libération.

A la tête de chaque douar fut désignée l’assemblée du peuple de 4 membres avec un Président s’occupant de l’état-civil, de la justice, des finances, du ravitaillement et de la police. En réalité cette infrastructure subira des transformations au cours de la guerre mais le cadre général sera maintenu.

Le problème crucial de l’armement revenait sans cesse dans les débats, et le bilan de la délégation extérieure à ce sujet fut jugé négatif. Le congrès se résolut à la seule décision révolutionnaire : prendre les armes là où elles sont, c’est à dire chez l’ennemi.

CNRA et CCE

Le Congrès procéda à la désignation des organes de direction : CNRA (Conseil national de la Révolution algérienne) et le CCE (Comité de coordination et d’exécution). Le CNRA, parlement du FLN, joue le rôle de direction suprême du mouvement. Il prend des décisions d’orientation politique, militaire, économique et sociale, en même temps que celle d’une assemblée législative, symbole de la souveraineté nationale. Il désigne l’exécutif : CCE. Il engage des négociations avec l’adversaire, se prononce sur la guerre et la paix.

Le CNRA, désigné par le Congrès de la Soummam se composait de 34 membres : 17 titulaires et 17 suppléants :
Membres titulaires Membres suppléants
1 – Mostefa Ben Boulaïd 1 – L’adjoint de Ben Boulaïd
2 – Youcef Zirout 2 – Lakhdar Ben Tobbal
3 – Belkacem Krim 3 – Saïd Mohammedi
4 – Amar Ouamrane 4 – Slimane Dhiles
5 – Med Larbi Ben M’hidi 5 – Abdelhafid Boussouf
6 – Rabah Bitat 6 – Ali Mellah
7 – Mohammed Boudiaf 7 – Saâd Dahlab
8 – Ramdane Abbane 8 – Salah Louanchi
9 – Ahmed Ben Bella 9 – Mohammed Ben Yahia
10 – Mohammed Khider 10 – Abdelhamid Mehri
11 – Hocine Aït Ahmed 11 – Tayeb Thaalibi
12 – Med Lamine Debbaghine 12 – Mohammed Lebdjaoui
13 – Idir Aïssat 13 – Ahmed Francis
14 – Ferhat Abbas 14 – UGTA à désigner par le CCE
15 – M’hamed Yazid 15 – Aïssa …
16 – Benyoucef Ben Khedda
17 – Ahmed Tewfik El Ma-dani

Si l’on examine la liste du CNRA, titulaires et suppléants, 34 membres, elle est composée des
- 6 chefs de wilaya et leurs adjoints sauf la wilaya 6 sans adjoint (11),
- Abbane : représentant du «FLN» (cf. le PV),
- Les membres de la délégation extérieure : Aït Ahmed, Ben Bella, Boudiaf, Khider (4),
- Les «centralistes» : Ben Khedda, Dahlab, Aïssat, Yazid, Louanchi, Mehri (6),
- L’UDMA : Abbas, Francis (2),
- L’association des oulama : Tewfik El Madani, Mezhoudi (2).

Les éléments du PPA-MTLD sont nettement majoritaires. Les membres appartiennent à différents milieux : paysans, intellectuels, étudiants, syndicalistes, islamistes, image de l’Union nationale réalisée en pleine guerre. Le parti communiste algérien a été écarté ayant refusé de se dissoudre comme les autres partis.

L’ALN fut uniformisée dans sa structure et sa hiérarchie. Sur le plan de la justice, aucun officier, quel que soit son grade, n’a le droit de prononcer une condamnation à mort. Des tribunaux furent crées à l’échelle secteur et zone pour juger civils et militaires. L’accusé avait le droit de choisir sa défense. Egorgement et mutilation de cadavres étaient formellement interdits, de même que l’exécution de prisonniers de guerre (précautions de principes qui malheureusement seront souvent violées).

La plate-forme de la Soummam

La plate-forme de la Soummam analyse la situation politique 20 mois après le déclenchement de l’insurrection, fixe les objectifs à atteindre et les moyens d’y parvenir. En outre, elle pose le problème des négociations et les conditions de cessez-le-feu qui serviront de base, cinq ans plus tard, aux négociations d’Evian :
1 – Reconnaissance de la Nation Algérienne une et indivisible (opposée à la fiction coloniale de «l’Algérie française» et à toute idée de partage ethnique ou confessionnel).
2 – Reconnaissance de l’Indépendance de l’Algérie et de sa souveraineté pleine et entière, dans tous les domaines, y compris la Défense nationale et la diplomatie (contre le principe de l’autonomie interne concédé par la France à la Tunisie et au Maroc).
3 – Libération de tous les Algériens et Algériennes emprisonnés, internés ou exilés pour activité politique ou armée.
4 – Reconnaissance du FLN comme seul représentant du peuple algérien et seul habilité à toute négociation. En contre-partie le FLN est garant et responsable du cessez-le-feu au nom du peuple algérien.
«Seul le CNRA est habilité à ordonner le cessez-le-feu dans le cadre fixé par la Plate-forme». Proclame la Plate-forme de la Soummam.
L’étude d’un «gouvernement provisoire» et sa proclamation fut laissée à l’initiative du CCE.

Face à la propagande de la France qui accusait le FLN d’être au service d’une puissance étrangère, la Plate-forme de la Soummam définit ainsi la Révolution : «La Révolution algérienne est un combat patriotique dont la base est incontestablement de caractère national, politique et social. Elle n’est inféodée ni au Caire, ni à Londres, ni à Moscou, ni a Washington». L’allusion au «Caire» déplut fortement à Abd-Ennasser qui voulait se faire passer pour le «tuteur de la Révolution algérienne».

Certes il n’y a pas eu de doctrine mais un effort pour combler le vide idéologique et politique existant : ce n’était qu’une plate-forme : Elle ne pouvait que fixer les objectifs stratégiques de la guerre et les moyens d’y parvenir, notamment les conditions du cessez-le-feu. Son mérite aura été d’avoir fourni aux militants et aux cadres du FLN, à l’extérieur comme à l’intérieur, des repères d’orientation clairs et fermes pour la poursuite du combat.

Le principe de la nation algérienne, partie intégrante du Maghreb arabe, fut solennellement proclamé.

Vis à vis de la minorité européenne et juive le droit d’opter pour la nationalité algérienne est reconnu à titre individuel et sur demande de l’intéressé.

Ce qui a honoré la Révolution algérienne, c’est qu’il n’y a jamais eu de pogrom anti juif. Le boycott des commerçants juifs fomenté par des provocateurs fut étouffé dans l’œuf par le FLN dès 1956. Pas de profanation de synagogues, ni d’églises au cours des 7 années et demi de guerre, malgré la participation active d’éléments juifs et chrétiens à la répression.

La Plate-forme de la Soummam a fait connaître au monde le visage d’une Algérie luttant pour une cause juste, dépourvue de chauvinisme et de haine raciale, ouverte à tous ses habitants, y compris aux non-musulmans, tournée vers l’avenir.

On a reproché au Congrès de la Soummam de n’avoir pas approfondi l’idéologie de la Plate-Forme, notamment son côté social. Le problème qui se posait alors n’était pas d’ordre idéologique mais une question de survie pour le peuple algérien ; le problème était : «colonialisme» ou «indépendance».
On a reproché aussi au Congrès de ne pas s’être prononcé pour le «socialisme». Le problème n’était pas dans l’alternative «colonialisme» ou «socialisme» mais encore une fois dans l’alternative «colonialisme» ou «indépendance».

Des islamistes, aujourd’hui, ont reproché de leur côté au Congrès de ne pas s’être prononcé pour «Etat islamique». S’il en avait été ainsi, le Congrès se serait séparé entre pro-islamiques et anti-islamiques, entraînant l’éclatement du FLN, pour la plus grande joie du colonialisme, les armes se seraient retournées entre frères ennemis.

Les insuffisances du Congrès

Il y a eu d’abord les absences : celle de la wilaya des Aurès-Némencha et celle du chef de la base de l’Est, Amar Bouglez. Le conflit opposant ce dernier à la wilaya 2 pour le contrôle de cette route des armes va s’en trouver aggravé.

Boussouf, l’adjoint de Ben M’hidi à la tête de la wi-laya 5 et pratiquement le chef, contesta les décisions du Congrès et reproche à Ben M’hidi d’avoir engagé la wilaya pour des questions «engageant l’avenir du pays», alors qu’il aurait été délégué pour «des questions d’ordre organique et de coordination».

Pour Boudiaf, le Congrès de la Soummam fut un véritable «magma». Ben Bella contestera la présence de «certaines personnalités» au CNRA («centralistes», UDMA, les oulama), la primauté de l’intérieur sur l’extérieur et la primauté du politique sur le militaire. Cet avis fut partagé par Mahsas.

Le point de la situation militaire ne fut pas fait. L’on se contenta de dresser le bilan de chaque wilaya en armes, hommes, finances sans tenter d’évaluer l’ensemble des forces en présence, algérienne et françaises, d’étudier le problème de la guérilla et son évolution. Certes, la force de l’ALN c’était la connaissance du terrain, les unités légères, la mobilité, l’appui de la population, mais il n’y avait pas une stratégie pour la simple raison qu’il n’y avait pas encore de commandement militaire unifié. La grande préoccupation des maquisards et du Congrès était de se procurer des armes et d’étendre le conflit à tout le territoire. On était à la veille d’une guerre d’extermination. L’élaboration d’une stratégie militaire dans ces conditions était une impossibilité ; les congressistes n’avaient pas une claire vision des étapes à parcourir……..

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